Couple,  Famille,  Vie

L’amour se raconte en musique (ique)

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu un enfant. Ado, je m’imaginais avec un gros ventre, j’étais tellement impatiente de voir et sentir un petit être grandir en moi. Et puis le temps a passé, j’ai eu plusieurs hommes dans ma vie, mais à aucun moment je n’ai imaginé avoir un enfant avec l’un d’entre eux. Jusqu’à ce que je croise son regard. Il m’a fallu vraiment peu de temps pour savoir que Pataton serait le père de mon enfant. Il nous a d’ailleurs fallu peu de temps pour décider de concevoir cet enfant. 23 mois pour être exacte. L’âge de Cacahuète aujourd’hui. La boucle est bouclée.

Aimer, c’est c’qu’il y a d’plus beau. Aimer c’est monter si haut. Et toucher les ailes des oiseaux.

J’ai rencontré Pataton sur un site de rencontres. Et depuis la seconde où je l’ai mis dans mon panier (tu l’as, le site ?), on ne s’est plus jamais quittés. On s’est vu une fois, puis deux, puis d’autres. On est tombé amoureux. J’ai voulu aller vite en l’annonçant au monde entier (aka Facebook). Il a voulu aller plus (trop) vite, en s’installant avec moi au bout de trois mois. J’ai eu peur. J’ai dit non. Mais on a quand même fini par dormir ensemble tous les soirs.

Je trouvais ça bizarre, j’avais peur de me lasser. Alors je suis partie vivre à Paris pendant quelques mois. C’était chouette. Mais chaque soir je m’endormais avec l’impression qu’on m’avait arraché une partie de moi. Il me manquait jour et nuit. Et malgré la distance, il était là. Il avait soutenu ma décision de partir parce que c’était le mieux pour moi à ce moment-là. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui a autant voulu mon bonheur et mon bien-être de toute ma vie. C’était Lui. Et c’est toujours Lui.

L’amour ça mord. C’est beau, c’est fort. Comme des amours d’aéroport.

Pour la faire courte, je suis rentrée à Lille, on s’est installés ensemble, mon stérilet s’est fait la malle, on s’est dit que c’était le bon moment pour faire un bébé. Et on avait raison. On pensait qu’on serait assez fort pour tout affronter, que ça serait facile si on était préparé. On avait tort.

La vérité, c’est que peu importe depuis quand vous êtes ensemble, votre couple ne sera jamais préparé à l’arrivée d’un bébé. Je dirai même, aucun être humain n’est jamais vraiment préparé à l’arrivée d’un enfant.

Laisse-moi appuyer mon propos avec un exemple concret, jeune nullipare (mâle ou femelle) qui passe par ici. Imagine, tu es Mike Horn. Tu as passé X années de ta vie à vivre dans les conditions les plus extrêmes. Tu as appris à allumer un feu avec deux bouts de bois et un silex. Tu chasses le caméléon à plume et la galinette cendrée avec un ouvre boîte. Tu es même parti(e) en road trip avec Shy’m en pleine Pampa. Et tu es revenu indemne. Bref, tu maîtrises la nature à là perfection. Un jour, tu décides de partir à l’aventure dans une contrée jamais explorée, en bord de mer. Tu as confiance en toi et en ton matériel. Mieux, tu aimes ton matériel plus que tout, alors la survie devrait être facile. Tu poses à peine le pied sur le sable que le sol se met à trembler. La mer se déchaîne. Les vagues montent haut. Vraiment très haut. Tu t’inquiètes, tu t’approches pour mieux voir. Tu n’hallucines pas. Tu es face à un tsunami. Et tu as beau avoir confiance en toi et aimer ton matériel, vous êtes aussi désemparés l’un que l’autre et vous vous faites engloutir. Ensemble.

L’arrivée d’un enfant, c’est un peu comme le tsunami de l’histoire. Tu penses que tout va bien se passer, tu as confiance en toi et tu aimes celui avec qui tu as fait ce bébé… Mais ça reste quand même drôlement compliqué.

T’es tendue, Natacha !

S’il y a une chose que j’ai apprise avec la naissance de ma fille, c’est que rien ne change plus une personne que l’arrivée d’un enfant (j’en parle d’ailleurs ici). Et ce n’est pas seulement vrai pour celle qui expulse l’enfant de son corps, ça l’est également pour la deuxième personne qui devient elle aussi parent. Dans ce cas de figure, comment le couple pourrait en sortir indemne ? Si chaque personne change profondément à ce moment-là, il est impossible que la relation reste la même. Ajoutez à cela le manque de sommeil, la fatigue physique après un accouchement, la fatigue mentale après avoir soutenu un accouchement (et vu sa femme asperger le corps médical de son sang. True story.), la reprise du travail, les mille étapes joyeuses et moins joyeuses d’un bébé qui grandit, un peu de charge mentale, il est évident que le couple prend des coups, s’affaiblit, se perd de vue. Et je ne parle même pas des changements physiques qui ont une influence certaine sur la vie sexuelle.

Tiens, d’ailleurs, si, parlons-en. Ce magnifique petit être humain si parfait né d’un amour sans faille a laissé des traces en sortant. Voyez plutôt…


Bonjour les vergetures, hello les points de suture, adieu périnée et quicky dans la voiture…

Que celle qui a eu envie de faire l’amour après son accouchement me jette la première culotte filet. Soyons honnête, il y a plus glamour que la période des suites de couche.

Et ça ne s’arrête pas là. Ça prend du temps pour se réapproprier et accepter son nouveau corps. Et pour avoir envie de plaire à l’autre, je pense qu’il faut d’abord avoir envie de se plaire à soi-même. Ce n’est pas facile, cela requiert de la patience et de l’amour. Beaucoup d’amour. Pour soi-même, pour son/sa conjoint(e) et pour son couple. Et surtout, de la communication. Pouvoir parler et partager ce que nous ressentions est sans doute ce qui a sauvé notre couple, avec Pataton.

Quand on était à deux doigts d’exploser, quand on ne savait plus qui on était, quand on était perdu face a cette immense responsabilité, quand on n’arrivait pas à se retrouver, on s’est posé et on a parlé. On a mis des mots sur nos maux, on a pris sur nous pour écouter l’autre même quand ça faisait mal, et on a tenté de réparer ce qui avait été cassé.

Ce n’est pas toujours facile. Pas toujours un succès. Mais pour tout ce qu’on a traversé et tout ce qu’on traversera…

Prenons un café !

 

Crédits photo : Lexk Photo

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