Blog,  Famille,  Grossesse,  Vie

La grossesse ou le relooking extrême… de l’intérieur

Avant d’être enceinte, je savais que la grossesse, ça changeait la vie. Je savais aussi que j’allais devenir grosse. Très grosse. Que la future taille de mes seins pourrait éventuellement faire concurrence à Pamela Anderson. Ou à Nabilla. Ou aux deux réunies. Et que mon périnée allait sans doute lâchement m’abandonner entre le fromage et le dessert. Ce que je ne savais pas, en revanche, c’est que le changement le plus important ne se verrait pas. Et qu’à part moi, personne ne pourrait le comprendre.

BIENVENUE DANS MON CERVEAU !

À votre droite, vous avez les beaux souvenirs. Regardez comme ils sont charmants, pailletés et pleins de volupté. Vous pouvez les admirer à volonté, aucune restriction. Si vous allez un peu plus loin, vous pouvez apercevoir vos rêves et vos espoirs. Regardez, vous gambadez avec homme et enfant dans un champ de blé. Comme c’est merveilleux. Par contre, n’allez pas à gauche, ce sont les vieux dossiers et l’accès est interdit. D’ailleurs, vous ne savez même pas qu’ils existent. Non. J’ai dit NON !  Madame, revenez ! NOOOONNN NE TOUCHEZ PAS A CAAAAAAAAAAAAAAAA !

TROP. TARD.

La grossesse, ce sont 9 mois complètement dingues qui n’ont ni queue ni tête, pendant lesquels nous ne sommes honnêtement qu’un quart de nous-mêmes. Non, mais c’est vrai, il ne faut pas être nette pour pleurer devant un lapin en peluche en faisant les magasins. Et encore moins pour avoir envie de manger des pommes de terre matin, midi, et soir. Et au goûter aussi. Et la nuit. Bref, tout le temps.

Mais au-delà des classiques envies, ce sont des choses plus profondes que la grossesse fait souvent ressurgir. Des trucs dont nous n’avons même pas conscience, qui Paf !, arrivent dans notre conscient, comme des Chocapic. Ça s’appelle  la transparence psychique.

Laisse-moi t’expliquer les choses autrement, jeune nullipare (mâle ou femelle), qui passerait par ici. Imagine que depuis que tu es né-e, tu aimes les brocolis. Tu le cuisines à toutes les sauces, tu lui racontes ta vie en l’épluchant, et depuis peu, tu le sers même pour l’apéro (c’est normal, tu es trentenaire. Ou presque.) Tu as une confiance aveugle en ce brocoli, d’ailleurs tu es persuadé-e qu’il ne veut que ton bien, et que vous êtes faits l’un pour l’autre. Et puis un jour, avec ton amoureux-se (qui n’est pas un brocoli), tu décides d’avoir un enfant et tu te retrouves enceinte. Et soudain, sans crier gare, tous les souvenirs brocoliesques cachés dans ton inconscient depuis des années remontent à la surface : la fois où tu en avais tellement mangé que tu en as vomi, la fois où il était trop occupé à draguer le chou-fleur pour participer à ta salade composée, et même la fois où tu as attendu tout l’hiver qu’il pousse dans le jardin et qu’il n’est jamais venu. Tout ça, avant d’être enceinte, tu l’avais oublié. Ou plutôt tu l’avais enfoui pour te protéger. Et maintenant que ton corps fabrique un autre petit corps, ça remonte à la surface pour une simple et bonne raison : ton job, c’est désormais de protéger ton bébé. Et il semblerait que le brocoli que tu aimais tant t’a, en réalité, fait autant (voire plus) de mal que de bien.

Le cerveau humain est composé de deux parties distinctes : le conscient et l’inconscient. Le conscient, c’est ce que nous sommes, ce que nous savons, ce que nous montrons de nous. C’est en gros ce qui compose notre tempérament. L’inconscient, c’est ce qui est enfoui en nous et dont nous n’avons aucune idée. On ne sait pas ce qu’il y a dedans, vu que c’est inconscient. Et comme la nature est bien faite, entre ces deux parties, il y a une barrière qui bloque le passage de l’un à l’autre. Bon, parfois, cette barrière déraille et on peut agir de façon étrange sans pouvoir l’expliquer. Et selon la théorie de la transparence psychique, cette barrière effectuerait un peu (beaucoup) moins bien son job pendant la grossesse.

Mais pourquoi elle nous raconte tout ça, celle-là ?

J’ai découvert l’existence de cette transparence psychique il y a très peu de temps, et ça a été comme une révélation pour moi : enfin, je mettais des mots sur ce que j’avais vécu pendant 9 mois. Je vous explique. Quand je suis tombée enceinte de Cacahuète, quelque chose de très fort s’est passé en moi, sans que je puisse l’expliquer. J’ai eu ce besoin de la protéger de toutes les ondes négatives qu’il y avait autour de moi. Et il s’est avéré qu’il y en avait beaucoup plus que ce que je l’imaginais. Du jour au lendemain, j’ai rejeté des personnes  qui avaient pu, à un moment de ma vie, même lointain, me faire du mal. Même si elles ne me faisaient pas de mal à l’instant T. Et même si toutes ces histoires appartenaient au passé. J’ai dit des horreurs à mon entourage à propos d’événements dont je ne me souvenais pas avant la grossesse. J’étais noyée dans un flot de sentiments que je ne comprenais pas, et dont je n’avais jamais entendu parler avant. Et ça a changé à jamais la personne que je suis. Avant ma grossesse, j’étais insouciante et légère. Je pensais qu’avoir un bébé me donnerait de grandes responsabilités, mais j’étais à mille lieues d’imaginer que ça me transformerait en lionne qui ne laisserait plus rien passer.

Ce passage de ma vie n’a pas été facile et n’est pas sans conséquence. Certaines relations avec des personnes plus que chères à mon cœur se sont dégradées, sans doute pour toujours. J’ai dû parler de longues heures avec un professionnel pour comprendre ce qui m’arrivait, pour faire avec et pour continuer à avancer. Mais aujourd’hui, je sais que je suis prête à tout pour mon bébé. Et surtout je peux mettre des mots sur ce qui s’est passé. J’aurais sans doute préféré ne jamais faire face à mon inconscient. Mais maintenant que c’est fait…

Prenons un café !

Crédit photo : ©Lexk Photo

Articles similaires

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.